En guise d'INTRODUCTION de mon blog - Le 8 juillet 2008


Salut, Toi qui viens de trouver mon blog. T'inquiète ! C'est tout nouveau pour moi et j'voudrais assurer grave. Tu vas pas m'prendre la tête avec mes erreurs, ok ? Mieux : tu pourrais m'aider à bien faire ...
Ce blog, what for ? Je vais te dire une chose : j'existe seulement dans un bouquin ! Je rêve grave ! Quel pied si je pouvais exister ailleurs que dans le virtuel ...
Mais basta pour aujourd'hui : je t'en ai dit suffisamment pour que tu me cherches.
À plus,
Stany Kiangazi.

# Posté le jeudi 12 février 2009 12:56

T'as vu ma tronche ?

T'as vu ma tronche ? Attends, j'ai cherché longtemps après une bonne photo ! C'est pas que j'veux pas me monter, mais si je devais choisir quelqu'un qui m'ressemble à la télé, je choisirais Baldoméro GUEYE, le mec qui jouait « Charley » dans « Villa Belle France », un téléfilm français de Karim Adiri Soumaila réalisé en 2005 ...
Merci donc à Baldoméro qui me représente bien ici.

# Posté le jeudi 12 février 2009 13:02

Premières lignes de mon histoire ...

Les gonds de la porte grincèrent sinistrement. En pénétrant dans la pièce de séjour, Myriama déposa le châle de prière sur le coffre d'Isaac Ben Sharon, son vieux mari le potier, et, maintenant qu'on venait de l'enterrer, se dit qu'il ne l'empêcherait plus de graisser elle-même les vieilles charnières rouillées. Elle jeta un regard inquiet sur le meuble et vit que le couvercle n'était pas bien replacé, qu'on pouvait apercevoir la bourse de cuir ratatiné qui contenait trente deniers. Hier soir, l'un des apprentis lui avait rendu la dernière pièce qui manquait, refusant de la conserver parce que, dès que le patron la lui avait donnée pour premier salaire, des désirs malfaisants avaient envahi son esprit et l'empêchaient de dormir ; cet argent exerçait sur lui une force contraignante qui lui suggérait les plus noirs desseins.
Dès les premiers jours de leur vie commune, la veuve avait décelé chez Isaac un penchant maladif à se méfier de tout et de chaque personne rencontrée, jusqu'à contrôler tout ce qu'elle lui disait et tout ce qu'elle faisait. Elle avait d'abord pensé qu'il agissait de la sorte parce qu'elle était une nubienne récemment affranchie par son ancien propriétaire, un très riche diplomate romain en poste à Jérusalem depuis douze ans, qui avait étonné ses amis lorsqu'il libéra tous ses esclaves quelques jours après qu'un prophète nazaréen avait été exécuté. Mais elle découvrit que l'homme de qui elle tomba amoureuse était indirectement lié, lui aussi, à cette affaire : c'était son champ que les autorités du Temple achetèrent pour en faire le cimetière des gentils. La stupeur lui glaça le sang lorsqu'on lui précisa l'origine de l'argent qu'on versa à son époux : on lui avait acheté le terrain avec la rançon d'un certain Judas Iscariote, l'un des adeptes du prophète de Nazareth, celui qui se pendit après qu'il eut trahi son maître.
Elle referma correctement le coffre après avoir relié la bourse à l'attache camouflée à l'intérieur du pli profond de son tablier, tout contre elle. C'est alors que l'enfant qu'elle portait remua nerveusement, comme si le frottement de l'aumônière sur le ventre de sa mère l'avait blessé. Cela troubla une nouvelle fois la jeune femme qui commençait à croire qu'un sort affreux les mettait en péril, elle et son bébé. Sans en prendre conscience, elle se laissa envahir par la tristesse et de grosses larmes ruisselèrent sur ses joues ambrées, traçant deux fins rubans scintillants jusqu'à la base du menton. Le venin du désespoir s'insinua solidement dans son âme et elle se mit à songer au mal qu'elle pourrait faire à tous ceux qui ne s'étaient pas manifestés pour la soutenir dans le deuil. Les meilleurs clients, par exemple, n'avaient même pas daigné lui exprimer leurs condoléances quand, à son retour des funérailles, elle s'était pourtant inquiétée auprès d'eux d'un éventuel retard à rattraper dans la livraison de leurs commandes. Les gens faisaient comme toujours : on la regardait avec mépris, on lui reprochait sa couleur de peau. Personne ne tenait compte de ses authentiques origines juives...




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Allongé sur les coussins qui jonchaient le luxueux carrelage en marbre de la terrasse de sa demeure, Balatt-Shur-Usur réchauffait ses vieux os dans les derniers rayons du soleil qui se couchait lentement derrière les majestueux murs d'enceinte du temple édifié par Hérode le Grand il y a plus d'un demi-siècle. Son esprit encore très vif lui assurait une grande autorité dans son entourage qu'il cherchait inlassablement à convaincre ; cette fameuse étoile, qui l'avait guidé lui et ses confrères jusqu'à Bethléem en Judée voilà soixante-quatre ans, était réellement le signe d'un événement inouï : une naissance exceptionnelle, l'incarnation du Dieu unique. Et véritable, il en était certain, ayant suivi cet enfant dès ses premiers jours ; de plus, à l'âge adulte, sur les chemins de Galilée d'abord, dans de multiples villages et jusqu'à Jérusalem enfin, Yéshoua Ben Youssouf avait interpellé vigoureusement les foules par des paroles bienfaisantes et prophétiques. Après qu'on l'ait exécuté sur une croix, ses disciples affirmèrent qu'il était ressuscité ! Aujourd'hui, l'ancien mage ne doutait plus et désirait que ses proches adhèrent à leur tour à ce Sauveur. Le vieil homme songeait maintenant à son cher fils Angazi. Il devait être arrivé à Rome depuis quelques jours. D'après la rumeur, Simon-Pierre, ancien pêcheur de Capharnaüm bien connu sous le nom de Shimon Ben Yonas, frère d'André, devenu le chef de file de tous ceux qui reconnaissaient le Christ en la personne de Yéshoua, était lui aussi dans la ville impériale. Le vieillard imaginait déjà une rencontre possible entre sa descendance et le premier des apôtres. Le bruit d'une grande et lourde charrette romaine résonna dans les ruelles autour du temple tandis que les paupières de celui qui avait abandonné ses anciennes pratiques astrologiques et divinatoires se refermaient pour un sommeil réparateur...
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Elle rabattit le lourd volet de la fenêtre de sa chambre. La pauvre paillasse restituait encore l'odeur particulièrement nauséeuse de la transpiration glaciale de celui qui, huit heures plus tôt, venait d'y rendre l'âme. Son corps las et blessé par la peine et l'inexplicable pouvoir des deniers la forcèrent à s'allonger malgré tout. A quelques centimètres de son visage, posé négligemment sur le sol, le vase d'aromates qui avait servi à préparer le mort diffusait par bonheur une merveilleuse effluve camphrée, mêlée de touches d'agrumes et soulignée de notes intenses d'épices et d'aloès. En dix minutes seulement, Myriama s'endormit.
Profitant du calme retrouvé de sa maman, l'enfant changea de position, le cordon ombilical le gênant de plus en plus. Pour l'instant, il n'aimait pas se trouver recroquevillé sur le côté, gauche ou droit, et il ne parvenait plus à étendre les jambes ni à avancer les bras devant la tête. Toute la nuit, comme magnétisé par les pièces qu'il sentait contre sa mère, il gesticulait fébrilement, ne trouvant plus accueillantes les entrailles qui le portaient. Il avait atteint un bon poids et, vers l'aurore, il décida qu'il devait provoquer sa naissance. Myriama se réveilla brusquement en perdant les eaux, sentit les premières contractions douloureuses mais se rassura quand elle vit arriver sa mère qui avait entendu ses gémissements. Celle-ci, convaincue que la délivrance ne tarderait plus après l'enterrement, était évidemment restée chez sa fille pour lui venir en aide...

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# Posté le jeudi 12 février 2009 13:08

Première suite ...

À Rome, les serviteurs finissaient de nettoyer le pavement de la cour intérieure lorsque Angazi entra dans la propriété familiale extraordinairement épargnée lors du terrifiant incendie qui venait de détruire presque toute la ville. Bien que noircies par les flammes et les fumées qui détruisirent l'entièreté des toitures, les charpentes, les balcons et les cloisons légères, seules quelques constructions de moellons solidement maçonnés et les pierres des temples avaient résisté. Le fils de l'ancien mage constata avec bonheur que le patio de la maison avait retrouvé sa fraîche élégance et, lavés de la suie qui les avait défigurés, les meubles d'extérieur et les ustensiles domestiques pouvaient de nouveau servir. Cependant, sans doute parce que les tout derniers foyers avaient été éteints la veille encore, l'air environnant irritait la gorge et semblait déposer sur la langue un goût de charbon gras et de bois brûlé mouillé.

« Entrez », déclara Angazi, s'adressant au vieil homme qu'il avait rencontré au milieu de tous ces Juifs effrayés qui fuyaient l'incendie dans une bousculade insensée. Les accompagnant dans leur course, il avait constaté que les gens cherchaient à protéger ce vieillard.

- Entrez ici, c'est chez moi. Vous y serez en sécurité. Les ruines ne sont pas si désastreuses et mes gens ont déjà bien travaillé : nous pouvons nous y abriter relativement correctement après une telle catastrophe !
- C'est que je ne suis pas seul...
- Entrez tous, n'ayez crainte. Mettez-vous à l'aise.

Dans la soirée, la confiance établie, ils se mirent à parler de leurs origines, de ce qui les avait conduits à Rome, de ce qui les faisait croire en la vie. Angazi fut le plus étonné de tous. Par ce qu'il aurait considéré comme le plus grand des hasards, voilà qu'il découvrait en la personne de ce vieil homme quelqu'un qui avait connu son père dans sa jeunesse. L'homme s'était étonné du prénom que portait son hôte, disant qu'il n'était pas courant et qu'il l'avait entendu la première fois lorsqu'un de ses vieux amis, un mage africain rencontré il y a plus de trente ans à Jérusalem, le lui avait renseigné comme étant le nom de son premier né : Angazi, en effet, était le nom du fils de Balatt-Shur-Usur.

- Effectivement, c'est mon père !
- Il n'y a pas de hasard... Et moi, je suis son ami Simon-Pierre...


Ce n'est qu'après treize heures d'atroce travail que Myriama fut libérée. Son jeune visage ne semblait plus être celui d'une femme de trente ans tellement de sinueuses et impitoyables rides s'étaient cruellement marquées dans la fine peau du cou, des joues et du front. Les yeux aussi paraissaient contraints à supporter les pattes d'oie que les efforts de la nuit avaient inscrites comme un disgracieux maquillage. Elle avait allongé ses jambes épuisées sous le drap propre qui rafraîchissait maintenant sa couche. Graduellement, les muscles crispés de son ventre délesté reformeraient son corps en se détendant. Son esprit, pourtant, ne parvenait pas à se relaxer : elle regrettait tellement qu'Isaac ne soit plus là pour accueillir leur premier enfant et elle appréhendait l'avenir sans la protection qu'il représentait, pour elle comme pour son fils Josué...



L'empereur Néron lui-même accusait les membres de la nouvelle secte juive, les scandaleux chrétiens qui adoraient un crucifié prétendu revenu à la vie, d'être les pyromanes responsables de l'incendie de la ville éternelle. Il avait ordonné que ses troupes les capturent tous, qu'il n'y en ait plus un seul caché dans Rome, et qu'on veuille surtout à lui remettre le meneur de ces fous, un certain Shimon dont la présence avait été signalée quelques jours seulement avant l'horrible désastre. « Comme pour son dieu, c'est la crucifixion que je réserve à cet imbécile », avait-il vociféré. Pendant deux semaines, avec une infinie prudence, Angazi cacha le vieil apôtre dans ce qui restait de sa demeure romaine. Ceux qui l'accompagnaient ne pouvaient s'empêcher de succomber à l'angoisse tandis que lui témoignait d'une sérénité toute confiante en Dieu. Partout dans les ruines de la ville et aux alentours, les soldats impériaux avaient déjà capturé un grand nombre de chrétiens, juifs et même romains, mais la maisonnée de Angazi échappait au danger jusqu'ici. Dans la soirée du samedi anniversaire de son hôte, pour le remercier de son aide et de sa protection, Simon-Pierre décida de l'ordonner.

- Dorénavant, Angazi, tu seras diacre du Seigneur, au service de Dieu et de tes frères. Plus précisément, parce que je sais que bientôt je vais devoir donner ma vie pour le Seigneur, à toi et à toute ta descendance, je vous confie un ministère particulier : reçois ce plateau de bronze et conservez-le toujours avec respect ; il a recueilli le pain que Jésus a partagé avec nous, ses apôtres, avant de mourir !

Le lendemain, de nombreux légionnaires pleins de haine défoncèrent la porte et emmenèrent Simon-Pierre et presque tous ceux qui se cachaient avec lui dans les cachots de Néron. Seul, miraculeusement, le nouveau diacre put s'enfuir, emportant avec lui la précieuse patène...




Les années passèrent et Josué, à son tour, accompagna sa mère jusqu'à sa dernière demeure. En Egypte, il fonda un foyer et réussit étonnamment dans le commerce. Sa notoriété et la réputation de ses affaires étaient légendaires. On prétendait cependant qu'il devait son succès à quelques pratiques douteuses où l'ésotérisme et la magie noire n'étaient pas absents, qu'il ne se déchargeait pour rien au monde d'une vieille bourse de cuir contenant des pièces d'argent auxquelles il attribuait on ne sait quel pouvoir étrange. Il passa ses vieux jours entouré d'une nombreuse descendance. Et celle-ci, d'années en années, de décennies en décennies, s'enfonça inexorablement dans les secrets de l'Afrique jusqu'aux sources mêmes du Nil.

Progressivement, de siècles en siècles, chacune des générations descendantes d'Isaac et Myriama découvrit les forces pernicieuses que possédaient les trente pièces d'argent reçues en héritage. En fait, rarement séparées, elles avaient toujours permis à ceux à qui le clan les avait confiées d'exercer un pouvoir total sur l'entourage, d'imaginer les plans les plus machiavéliques afin d'obtenir irrémédiablement tout ce qu'ils voulaient, quelles qu'en fussent les conséquences pour les autres...



Deux ans après l'incendie de Rome et la cruelle persécution des chrétiens, Angazi, qui était encore au Caire où il avait trouvé refuge, épousa la fille d'un notable de très bonne réputation. Dans les mois qui suivirent, le nouveau couple s'établit plus au sud, non loin du pays nubien. C'est là que naquirent leurs huit enfants et que les gens découvrirent la Bonne Nouvelle. Jusqu'à la fin de sa vie, fidèle et respectueux, le diacre protégea le plateau de bronze. Il s'assura de l'engagement sérieux de son fils aîné concernant l'objet sacré, et de ce que toute sa descendance serait avertie de sa responsabilité à son sujet. Il rendit l'âme alors qu'il allait atteindre l'âge de quatre-vingt-cinq ans.

Progressivement, de siècles en siècles, chacun des premiers nés des générations descendantes de Balatt-Shur-Usur qui conservait et protégeait le plateau de bronze en découvrit le caractère éminemment sacré et bénéficia abondamment des grâces bienfaisantes qu'il prodiguait...

# Posté le jeudi 19 mars 2009 13:50